Monographie de l’église de Saint-Martin de Sescas

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Description de l’ouvrage

C’est dans la Revue de l’Art Chrétien que Léo Drouyn publie en 1857 sa monographie de l’église de Saint-Martin de Sescas, située dans le canton de Saint-Macaire, tout à côté de cette ville, en bord de Garonne. Dans cette période de sa vie, Léo Drouyn, revient peu à peu aux études archéologiques après quelques années principalement occupées par des activités artistiques. Les églises romanes girondines l’ont toujours passionné, et l’on sait que c’est en étudiant, en 1842, celle de Loupiac que sa vocation était née. Dans le Bulletin monumental, organe de la Société française d’archéologie dont il est devenu l’inspecteur pour la Gironde, il a, depuis 1847, commencé à étudier les caractères des églises romanes du département. D’autres études suivront, notamment sur l’église de La Lande de Fronsac (1849) dont il analyse finement le portail, ou sa première grande monographie, l’Album de la Grande Sauve (1851), illustrée de 16 eaux-fortes, consacré à l’abbaye de La Sauve-Majeure dont il étudie peu après l’influence sur les édifices romans des environs.

Le Bulletin monumental accueille en 1850 et 1853 d’autres études sur des édifices romans girondins, et l’on peut considérer Léo Drouyn comme le père, l’inventeur, au sens archéologique du terme, de ce type d’architecture dans le département. C’est également le Bulletin monumental d’Arcisse de Caumont qui a accueilli en 1848 son appel à sauver la petite église de La Rivière, menacée par les projets de son curé, appuyés dans son entreprise par le cardinal Donnet. La Commission des Monuments historiques de la Gironde ne s’opposa pas à sa totale destruction, et l’on sait que c’est l’une des raisons pour laquelle Drouyn la quitta brutalement en 1849.

La monographie de Saint-Martin de Sescas s’inscrit dans une double perspective, scientifique et polémique. Elle est tout à la fois sa seconde grande monographie d’archéologie monumentale religieuse, mais également un appel pour sauver

une église et un clocher « dont on s’était contenté pendant sept ou huit cent ans, (qui) sont encore dans un très bon état, et (que) l’on va dégrader, parce que l’on veut imiter les paroisses voisines, qui ont de beaux clochers blancs bien pointus, et Dieu sait dans quel style »

S’il a choisi de présenter cette église qu’il a découverte en 1845 et dont il a donné un dessin du portail à l’Album de la Commission des Monuments historiques, c’est qu’elle est pour lui le modèle de ces humbles églises rurales qui n’ont jamais été étudiées et recèlent pourtant des trésors artistiques. Son portail, qui peut rivaliser avec celui de Castelvieil, son abside richement ornée portent une centaine de figures sculptées d’hommes et d’animaux, sans compter les autres décors. Alors, il s’attache à décrire chacune d’elles, dessine et grave de nombreux détails, multipliant les comparaisons avec d’autres églises romanes de Gironde ou du Lot-et-Garonne (Saint-Savin).

Mais s’il en fait cette description si précise, c’est que, comme à La Rivière, il en craint la disparition,

« car M. le Curé espère qu’on démolira le magnifique portail pour le transporter, pierre par pierre, sur la façade »,

avec cette charge accablante contre la politique de restauration, c’est-à-dire le plus souvent de destruction, du cardinal Donnet :

« depuis qu’on aime les monuments, on les mutile plus que ne les ont mutilés le temps et les révolutions, comme ces mères faibles ou absurdes qui tuent leurs enfants à force de les bourrer de gâteaux et de sucreries. »

Et il conclut par ces paroles prophétiques :

« l’église de Saint-Martin de Sescas a eu le bonheur d’échapper jusqu’à présent aux grandes réparations, aux architectes, et surtout au cinq pour cent. Je crains, hélas ! que ces calamités ne tardent pas à fondre sur elle. »

Un clocher pointu est venu en effet s’implanter sur la façade, mais, peut-être grâce à cette monographie et à ce cri d’indignation, son beau portail est resté en place, où l’on peut toujours l’admirer.

Bernard Larrieu

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